Aujourd’hui faire l’impasse sur les matières grasses en adoptant la « cuisine sans graisse » est une démarche entreprise par de plus en plus de personnes soucieuses de leur santé. Mais en quoi consiste-t-elle donc réellement et quels sont les différents modes de cuisson et les aliments adaptés à cette pratique ? Décryptage.

Cuisiner sans graisse : que du bon pour la santé et pour les papilles

Consommée en excès, la graisse, notamment celle d’origine animale, est un de ces éléments qui comme le sucre et le sel peuvent nuire à la santé humaine. En effet, non contente d’entrainer un surpoids, la graisse consommée en grande quantité favorise aussi l’augmentation du taux de cholestérol (hypercholestérolémie) et rend l’organisme plus vulnérable aux maladies cardio-vasculaires. Soucieuses d’adopter un mode de vie plus « sain », de nombreuses personnes choisissent aujourd’hui de privilégier la « cuisine sans graisse » c’est-à-dire excluant toute forme de matières grasses à l’instar des graisses animales, des huiles alimentaires, de la margarine et du beurre. Dans cette optique, outre les graisses proprement dites, divers aliments sont à éviter ou du moins à consommer avec modération à l’exemple des viandes (agneau, abats…), de certains poissons (anguille, maquereau…), des préparations industrielles ( plats cuisinés, saucisses…) et des produits laitiers. A contrario, les aliments à privilégier pour cuisiner sans graisse sont les viandes maigres (poulets, veau, filet pur porc, lapin…), les poissons (cabillaud, sole, plie, loup, turbot…) et bien sûr les fruits et les légumes. Opter pour une telle cuisine c’est non seulement prendre soin de ses veines et de ses artères, et par conséquent de sa santé, mais aussi s’ouvrir à de nouvelles expériences culinaires tout autant savoureuses que les plats « gras ».

Les différents modes de cuisson sans graisse

Grâce à l’évolution technologique en matière d’ustensiles de cuisine, il existe aujourd’hui de nombreuses manières de cuisiner sans graisse, et ce, tout en conservant la saveur des aliments.

La cuisson à la vapeur est certainement le premier mode de cuisson auquel les cuisiniers pensent en ce sens. Utilisant des récipients hermétiques tels qu’une cocotte-minute ou un cuit-vapeur, il convient à la cuisson de nombreux aliments à l’exemple de la volaille, de la viande, des poissons, des légumes… Son principal avantage est de préserver le goût des aliments, leur tendresse initiale, ainsi que les vitamines et les minéraux naturels qu’ils contiennent.

Cependant, la cuisson à la vapeur n’est pas la seule alternative pour cuisiner sans graisse. En effet, peuvent être choisies aussi :

– la cuisson au four qui au lieu de l’huile peut se faire en arrosant les aliments tout simplement avec de l’eau, du jus de citron ou encore du bouillon dégraissé. Pour cela, il faudra préchauffer le four à 240 °C.

– la cuisson en papillote qui est une méthode de cuisson à basse température qui nécessite un préchauffage du four à 150 °C et l’emballage des aliments dans un récipient du type feuille de papier aluminium.

– la cuisson sur le grill (grillade) ou au barbecue qui est idéale pour cuisiner sans graisse la viande et le poisson, mais ne convient pas aux légumes.

– la cuisson au court-bouillon (pochage) qui nécessite uniquement une plaque de cuisson, une cocotte ou une casserole selon les besoins et un demi-litre d’eau.

Il est à noter que pour tous ces modes de cuisson sans graisse, le recours aux aromates, aux épices ainsi qu’aux assaisonnements légers est très recommandé.

Focus sur les légumes bons à cuire à la vapeur

Base d’une alimentation saine, les fruits et les légumes sont à consommer au quotidien. S’il est vrai que manger les légumes crus est la meilleure façon de préserver leurs vertus nutritionnelles, il y a toutefois, certains fruits et légumes qui se révèlent être meilleurs cuits que crus dont notamment :

– la tomate qui libère un pigment vitaminique au fort potentiel antioxydant appelé « lycopène » lorsqu’elle est cuite.

– la carotte qui, cuite, rend les antioxydants caroténoïdes plus facilement absorbables par l’organisme.

– l’asperge dont les fibres bénéfiques pour le transit intestinal sont plus tendres au contact de la chaleur.

– la pomme de terre dont l’amidon est plus facilement digérable lorsqu’elle est cuite.

– les légumes à feuilles à l’exemple de l’épinard dont la cuisson permet d’éliminer l’acide oxalique qui empêche une bonne assimilation du calcium et du fer.

– les légumes crucifères (la roquette, le cresson, le brocoli, le rutabaga, le radis, le bok choy et les choux) dont le taux en glucosinolates diminue grâce à la chaleur. Pour rappel, les glucosinolates sont des nutriments qui favorisent l’hypothyroïdie.

– les légumineuses (pois, petits pois, fèves…) qui éliminent certaines molécules indésirables à la cuisson.

– le champignon de Paris, l’oignon et l’échalote qui lorsqu’ils sont cuits libèrent des molécules qui développent les saveurs des ingrédients avec lesquelles ils sont mélangés.

En restant dans le cadre d’une alimentation saine, la cuisson à haute température et trop grasse est déconseillée. C’est pourquoi la cuisson à la vapeur s’impose comme le mode de cuisson tout indiqué pour les légumes précédemment cités. Attention cependant au temps de cuisson et au mode de préparation qui diffèrent d’un légume à un autre.