Pathologie touchant 3 millions de Français dont majoritairement des femmes, l’incontinence urinaire est aujourd’hui un problème auquel on peut remédier de plusieurs façons. Mais quelles en sont donc ses causes et quelles sont les solutions possibles ?

L’incontinence urinaire : un problème qui touche près de 3 millions de Français

Contrairement à la continence urinaire qui est la capacité de retenir l’urine, l’incontinence urinaire aussi connue comme la fuite urinaire est la perte involontaire ou accidentelle d’urine. En général, on catégorise l’incontinence selon 3 types :

– L’incontinence urinaire d’effort qui survient après un effort physique, une toux ou un éternuement. Non précédée par une sensation de besoin et le plus souvent en position debout, ce type d’incontinence se traduit par des pertes brutales de jet ou de gouttes d’urine.

– L’incontinence urinaire par urgence mictionnelle aussi appelée incontinence par impériosité ou encore incontinence par hyperactivité vésicale : précédée par un besoin urgent et irrépressible, ce type d’incontinence aboutit à une miction qui ne peut être différée ni retenue.

– L’incontinence urinaire mixte qui associe les deux premiers types d’incontinences.

L’incontinence urinaire est une pathologie qui touche plus de 3 millions de français dont près de 3/4 soit près de 2.250 millions sont des femmes. Elle peut survenir après un accouchement ou une opération chirurgicale, mais elle prévaut surtout chez les personnes de plus de 50 ans. En effet, selon les statistiques, seuls 12 % des femmes de 20 à 29 ans sont atteintes d’incontinence contre 25 % dans la tranche des 60 à 69 ans. Chez les femmes de plus de 80 ans, ce taux atteint les 32 %.

Les causes de l’incontinence urinaire chez les séniors

La continence urinaire est prise en charge par un appareil sphinctérien qui se trouve autour de l’urètre, sous le col de la vessie et qui est composé de deux muscles ayant chacun une commande nerveuse différente. Si l’un des muscles répond à la volonté, l’autre est par contre autonome. De manière générale donc, l’incontinence urinaire fait suite soit à un dysfonctionnement musculaire de l’appareil sphinctérien soit à une anomalie neurologique qui affecte le sphincter, la vessie ou les 2 en même temps. Chez la femme de plus de 50 ans, l’incontinence urinaire, plus précisément l’incontinence urinaire d’effort est un des effets secondaires de la ménopause. Dans les faits, la diminution progressive de la sécrétion d’œstrogène et de progestérone peut entraîner la perte de tonus musculaire du périnée, l’amincissement de la muqueuse interne qui recouvre la vessie ainsi que l’affaiblissement des tissus vaginaux et pelviens. De même, la diminution de la sécrétion du collagène qui est une protéine responsable de la qualité et de la solidité des tissus de soutien peut aussi entraîner un relâchement des ligaments de soutien de l’urètre. Chez les hommes, l’incontinence urinaire d’effort survient le plus souvent après une intervention chirurgicale sur la prostate qui aurait créé une lésion sur les nerfs du sphincter ou directement sur le sphincter lui-même. Près de 25 % des hommes opérés présentent encore des fuites urinaires après 6 mois après une prostatectomie totale. Dans 3 à 5 % des cas, les fuites urinaires sont souvent permanentes. En ce qui concerne l’incontinence urinaire par impériosité, elle est surtout due à une anomalie neurologique ou encore à une irritation de la vessie.

L’incontinence urinaire : un problème qui a ses solutions

Source de gêne et d’inconfort au quotidien, l’incontinence urinaire conduit souvent à une perte de confiance et à un repli sur soi. Fort heureusement, elle n’est plus une fatalité aujourd’hui, car il existe désormais de nombreuses solutions pour y remédier. Pour bénéficier de ces solutions, la première chose à faire est d’oser en parler à son médecin. En effet, il ne faut pas en avoir honte et garder le problème secret. Le médecin pourra après, un bilan urodynamique, proposer une stratégie de soins selon les causes et la nature de l’incontinence urinaire. Dans tous les cas, les personnes sujettes aux fuites urinaires devront prendre l’habitude d’aller régulièrement aux toilettes, idéalement toutes les 2 heures, de boire de façon régulière, mais modérément le soir, d’éviter l’alcool, le café, les épices et tous les excitants qui peuvent causer une irritation de la vessie et par conséquent, une envie urgente d’uriner.

Parmi les solutions pouvant résoudre les problèmes d’incontinence, il y a :

– Les protections spécifiques qui sont simples, pratiques, hygiéniques, discrètes, absorbantes et anti-odeur. Dans la plupart des cas, elles s’adressent aux personnes souffrant d’incontinence urinaire mineure et légère.

– La rééducation périnéale qui a pour principe l’apprentissage de l’utilisation correcte des muscles du périnée afin de développer et redynamiser la musculature du périnée.

– Les traitements hormonaux substitutifs en ingestion ou en application pour les femmes ménopausées pour compenser la baisse d’oestrogène et de progestérone.

– Les traitements médicamenteux anticholinergiques à base d’ oxybutynine ou par injection intradétrusorienne de toxine botulique A.

– Les interventions chirurgicales : intervention courte sous anesthésie locale, mise en place par voie vaginale d’une bandelette sous urétrale, la pose d’un sphincter artificiel…