L’ouïe est une faculté sensorielle primordiale, favorisant le développement et l’éveil de l’enfant. Cependant, la surdité du jeune enfant est une anomalie se produisant fréquemment. Zoom sur les causes, les symptômes et les moyens de prévenir efficacement les troubles de l’audition chez le tout-petit.

A savoir sur les troubles de l’audition touchant les enfants

Selon l’OMS, un enfant hypo-acoustique souffre d’une acuité auditive insuffisante. Cela peut entraîner un retard dans l’apprentissage et la compréhension du langage, conduire à un isolement psychologique ou engendrer un retard ou un échec scolaire.

D’après le comité d’organisation de la Journée Nationale de l’Audition, un enfant sur 1 000 devient sourd avant l’âge de 18 mois. La surdité peut toutefois survenir dès la naissance. L’enfant peut également développer des troubles de l’audition, légers ou sévères au cours de sa vie.

Les problèmes auditifs chez un jeune enfant peuvent trouver leur origine dans des causes diverses. Il peut notamment s’agir de malformations congénitales, de mirages acoustiques, d’infections, de traumatismes ou d’une exposition à des produits toxiques in utero. Chez un nourrisson à risque, la surdité peut être à l’origine d’une pathologie pendant la grossesse, d’une méningite ou d’une surdité au sein de la famille.

Chaque compartiment de l’oreille, soit moyenne, externe ou interne, peut être à l’origine d’une perte de l’audition. La surdité peut être de différents types selon le compartiment atteint. Il peut s’agir d’une surdité de transmission, de perception ou mixte. Le meilleur moment pour suspecter un trouble de l’audition c’est au cours des examens de santé obligatoires de l’enfant.

Neuf fois sur dix, les parents parviennent à détecter un trouble d’audition chez leur enfant, via certains signaux. L’enfant fait régulièrement répéter les phrases, a du mal à s’exprimer ou a des frayeurs, surtout la nuit. Les parents devront également être attentifs lorsque le tout-petit désire que le son de la télévision soit très élevé, ou se met à observer énormément les visages pendant que ses parents lui parlent ou réagit plus à la voix de son père qu’à celle de sa mère.

Par ailleurs, le niveau de surdité est déterminé en se basant sur l’intensité de perte auditive, exprimée en décibels. Celle-ci est mesurée durant les tests auditifs effectués sur l’enfant. Ainsi, plus l’intensité sonore est importante, plus la surdité est importante.

Pour calculer une perte auditive, cela s’effectue sur trois fréquences conversationnelles, à savoir 500, 1000 et 2000 cycles/seconde (Hz). Le Bureau International d’Audio-Phonologie a, de ce fait, instauré les critères de classification suivants.

Par exemple, entre 0 et 20 décibels de perte, l’audition de l’enfant est normale. De 20 à 40 décibels de perte auditive, l’enfant souffre de surdité légère ou d’une hypoacousie. Entre 70 et 90 décibels, il s’agit de surdité sévère. Et dans le cas où il y a absence de perception sonore, le tout-petit souffre de cophose ou d’une surdité totale.

Les moyens efficaces pour prévenir la perte auditive

La surdité n’est pas une fatalité. Une prise de conscience de la part des parents permet d’éviter des lésions irréversibles. Pour favoriser ainsi l’épanouissement de l’enfant au quotidien, un dépistage précoce est une démarche fondamentale. Une prise en charge efficace permet également de diminuer considérablement l’impact d’un trouble de l’audition sur le développement d’un enfant.

Les enfants malentendants, qui sont reconnus précocement, peuvent être appareillés, et cela dès leur quatrième mois. La prothèse est testée entre 6 et 8 mois. Dans le cas où ce moyen est inefficace, l’enfant peut porter un implant cochléaire vers l’âge de 18 mois. Ces outils auditifs ont l’avantage d’habituer le jeune enfant à entendre correctement, tout en lui permettant d’accéder au langage.

Au quotidien, il faut se montrer vigilant quand l’enfant ne réagit pas aux sons comme il le devrait. Il est ainsi crucial de déterminer si le manque total de réponse est dû à une incapacité à entendre.

Si vous voyez au quotidien que votre enfant souffre d’une perte auditive, la première chose à faire consiste à demander à s’orienter vers un audiologue. Celui-ci va effectuer un examen audiologique permettant de déceler la nature, le degré et l’existence d’une altération auditive éventuelle.

En matière d’examens de dépistage approfondis, il est impératif de prendre rendez-vous dans un centre auditif ou chez un médecin ORL. De ce fait, il existe différents types de tests, à l’exemple des tests d’audiométrie comportementale. Il s’agit de demander à l’enfant de réagir d’une manière ou d’une autre à des bruits légers, en montrant une image, verbalement, par le biais d’un jeu ou en levant la main.

Les méthodes pour évaluer l’audition de votre enfant varient selon son âge. Concernant le baby-test, pour les enfants âgés de moins de 2 ans, il consiste à se placer derrière ou à côté de l’enfant. Le spécialiste envoie ensuite un son par le biais d’un audiomètre et se met à observer la réaction de l’enfant.

Le ROC ou Réflexe d’Orientation Conditionné est un test destiné aux enfants âgés de 2 à 4 ans. La personne testant le tout-petit envoie au même moment un son et une lumière. Ensuite, un son uniquement est envoyé pour observer si l’enfant se tourne vers la source sonore.

Et enfin, le train-show, pour l’enfant âgé de 4 à 7 ans, consiste à lui faire porter un casque émettant des sons. L’enfant entendant le son émis appuie sur un bouton. Il voit ainsi une petite animation avec un train. Cela l’incite à effectuer le test.