En nombre conséquent et toujours croissant dans de nombreux pays, l’allergie est un phénomène pathologique qui touche de plus en plus de personnes. Les allergies aux pollens sont les plus récurrentes, aussi il est important de connaître tous les aspects et les moyens de les prévenir.

L’allergie, un phénomène pathologique courant

Les allergies sont un phénomène particulièrement commun dans notre société. En 1999, trente pour cent de la population mondiale souffraient d’allergie et ce chiffre semble être toujours en hausse constante. L’Organisation Mondiale pour la Santé prédit une augmentation de cinquante pour cent d’ici l’horizon 2025. En d’autres termes, une personne sur deux sur cette planète sera affectée par au moins une maladie allergique. Selon le réseau national de surveillance aérobiologique, vingt pour cent des Français souffrent d’allergies respiratoires. Dans cette proportion, vingt-cinq pour cent sont provoqués par l’hypersensibilité aux pollens. Appelé « rhume des foins » ou encore pollinose, ce phénomène pathologique touche toutes les tranches d’âges, mais se manifeste particulièrement chez les jeunes adultes et les adolescents. Elles peuvent être diagnostiquées très tôt chez les jeunes enfants comme elles peuvent apparaître très tardivement chez des personnes âgées. Dans ce cas particulier, les allergies aux pollens sont des réactions de notre corps par rapport à de minuscules grains que les organes mâles des plantes, arbres ou arbustes produisent sous forme de poussières. En accédant aux muqueuses respiratoires, ils font réagir le système immunitaire qui les considère comme des corps ennemis à rejeter.

Les différentes manifestations du pollinose

Les manifestations les plus courantes sont la rhinite allergique, la conjonctivite allergique, l’eczéma, l’asthme ou de l’urticaire. La majorité des symptômes est précédée d’éternuement, d’yeux larmoyants, un nez coulant ou bouché ainsi que des démangeaisons au niveau des yeux et du nez. Elles peuvent également s’accompagner de fatigue et de troubles du sommeil. Le choc anaphylactique demeure la forme la plus grave des allergies. Les manifestations sont des réactions cutanées sous forme d’urticaires géantes. À terme, ces urticaires peuvent aboutir à un œdème de Quincke, c’est-à-dire, un gonflement de la peau et des muqueuses et peuvent réellement engager le pronostic vital. Il faut noter que tous les pollens ne sont pas allergisants. Il existe ce qu’on appelle des plantes anémophiles et des plantes entomophiles. Les plantes entomophiles nécessitent une interaction biologique – plante et insecte – pour le transfert du pollen tandis que les pollens des anémophiles sont facilement disséminés par le vent. C’est cette dernière qui est allergisante. Parmi les arbres et les arbustes, certains sont plus néfastes que d’autres chez un individu donné. Par exemple, les pollens d’un cyprès ou d’une ambroisie disposent d’un très fort potentiel allergisant tandis qu’un orme ou une ortie sont moins pathogènes.

Les saisons les plus exposées aux pollens

En France, les trente dernières années ont vu une explosion de quantités de pollens qui amène à l’utilisation de l’expression « pollution verte ». Trois saisons polliniques sont ainsi déterminées de janvier à octobre. D’abord, il y a la saison des pollens des arbres localisés dans le sud de la France dans le courant de janvier. Elle s’étale ensuite jusqu’au mois d’avril dans les régions du nord et du centre. Le bouleau, le platane, le frêne, le peuplier et le cyprès produisent alors les graines les plus allergènes. Le cyprès, en particulier responsable d’une pollinisation spécifiquement intense, est le principal responsable de la pollution verte. Vient ensuite la saison des pollens des graminées qui correspond la saison du « rhume des foins ». Elle survient entre les mois d’avril et mai selon les régions. Les graminées se retrouvent alors en campagne comme en ville, notamment dans la région parisienne. Elles apparaissent plus tardivement en montagne en juillet et août. Il faut donc éviter durant cette saison les plantes fourragères et céréalières telles que le seigle, le pâturin, l’avoine, le fétuque, le chiendent, l’orge et le blé. Enfin, la saison des pollens d’herbacées arrivent à la fin de l’été pour se prolonger vers le mois d’octobre. Il s’agit d’environ cinq mille espèces de plantes vivaces que l’on retrouve en bord de route ou en ville. L’ambroisie est la plus virulente et est responsable d’asthme et de rhinite invalidants.

Quelques conseils pour limiter les risques d’allergies

L’éviction du pollen est impossible, mais il est tout à fait envisageable de prévenir les risques d’allergies. Puisque ces maladies sont saisonnières, la première réaction est de tenir un calendrier pollinique pour déterminer les périodes de floraison. Une cartographie des pollens permet également de localiser les régions à risques pour chaque saison de production de pollens. Si nécessaire, le port de masque chirurgical est conseillé. Si l’on souhaite pratiquer des activités de plein air, la matinée est le moment propice de la journée, car la concentration de pollens est plus faible. Des gestes simples peuvent également aider à prévenir les allergies. Rincez-vous les cheveux le soir pour enlever l’accumulation potentielle de pollens. N’hésitez pas à porter des lunettes de soleil et évitez de vous frotter les yeux. Prenez le temps d’aérer les pièces que vous occupez et portez des masques si vous jardinez. Tondre la pelouse est déconseillé aux personnes allergiques, car cette activité fait voler de nombreux grains de pollen et peut déclencher une rhinite allergique. En vacances, optez pour le littoral où le taux de pollens est moins important. Évitez aussi les excès d’hygiène qui déstabilisent et affaiblissent votre système immunitaire et soignez vos habitudes alimentaires. À long terme, il existe un traitement appelé la désensibilisation qui permet de diminuer de façon conséquente les allergies jusqu’à ce que l’organisme tolère l’allergène.