Peut-être les prémices d’un changement dans les pratiques d’accouchement. Le recours à l’oxytocine, une hormone qui stimule la dilatation du col de l’utérus et accélère le travail en salle de naissance, est aujourd’hui remis en question par le Collège national des sages-femmes de France. Lors d’une conférence de presse, ce mardi, le CNSF a pour la première fois rendu publique des recommandations pour limiter l’usage aux femmes enceintes de l’oxytocine de synthèse pendant les accouchements.

Ses préconisations constituent le fruit d’une étude récente réalisée avec des experts de l’Inserm, du CIANE, du CNGOF, un pédiatre et un anesthésiste à partir d’un échantillon de 106 maternités qui accomplissent 20 % des accouchements en France, de 150 000 naissances, et de 9 000 cas d’hémorragies qui ressort les effets indésirables de l’hormone de synthèse chez la maman et le fœtus. L’étude montre que l’oxytocine multiplie par 1,8 le risque d’hémorragie grave.

Le CNSF suggère une sensibilisation auprès des sages-femmes et gynécologues obstétriciens pour une administration raisonnée de l’oxytocine de synthèse, une meilleure information auprès des patientes sur les risques de cette hormone, et des nouveaux protocoles sur les différents stades du travail.

Inserm = Institut national de la santé et de la recherche médicale

CIANE = Collectif interassociatif autour de la naissance

CNGOF = Collège national des gynécologues et obstétriciens français