Durant la grossesse et au lendemain de l’accouchement, des fuites urinaires peuvent survenir, compromettant ainsi le bien-être des futures et jeunes mamans. En général, c’est au 6e mois de grossesse que ces fuites urinaires font leur apparition. Focus sur ce phénomène et les solutions à adopter pour y faire face.

Les raisons expliquant les fuites urinaires pendant et après l’accouchement

Les pertes urinaires involontaires constituent un phénomène fréquent pendant la grossesse. Ainsi, 40% des femmes enceintes indiquent souffrir d’incontinence urinaire durant leur grossesse. Ce phénomène touche ainsi plus souvent les femmes ayant déjà vécu un accouchement et enceintes, que celles vivant leur toute première grossesse. Par ailleurs, entre 10 et 20 % des femmes sont concernées immédiatement par le phénomène après l’accouchement et 10% d’entre elles conservent une faiblesse urinaire permanente.

L’incontinence urinaire est une pathologie touchant environ 3 millions de femmes enceintes. La grossesse, important facteur de risque, est la période pendant laquelle ce phénomène connaît une forte recrudescence. Par ailleurs, les augmentations de la fréquence urinaire, avec des mictions se comptant à environ 7 fois au quotidien, sont normales.

Ce phénomène, également appelé incontinence urinaire à l’effort, peut être provoqué par la pression subie par la vessie, causée par l’utérus, qui se met à augmenter de volume. Un autre cas d’incontinence urinaire durant la grossesse se rapporte également aux changements de position du bébé qui va naître. Les pertes involontaires d’urine peuvent, de manière générale, être déclenchées par une toux, un éclat de rire, un éternuement ou une situation provoquant une pression légère au niveau de la vessie.

Vers la fin de sa grossesse, la femme enceinte peut ressentir soudainement une envie impérieuse d’uriner, car la pression accrue au niveau de la vessie déclenche les signaux des nerfs. Ces derniers commandent aux muscles composant la vessie de se contracter afin que celle-ci puisse se vider. Ce phénomène est appelé l’incontinence par impériosité ou vessie hyperactive.

Durant la grossesse, la combinaison entre augmentation de l’utérus et prise de poids favorise l’apparition des fuites urinaires. Le fait d’accoucher par voie naturelle peut aussi engendrer des lésions, d’importance variable, au niveau des muscles, ainsi que l’étirement des muscles au niveau du périnée.

Les facteurs de risque engendrant l’apparition d’une incontinence urinaire juste après l’accouchement sont multiples. Celle-ci peut apparaître durant le second trimestre de grossesse ou lors d’un accouchement ayant une longue durée d’expulsion. La jeune maman peut également subir une soudaine prise de poids, pouvant atteindre jusqu’à 13 kilos.

L’incontinence urinaire post-accouchement peut aussi apparaître dans le cas où le poids du bébé excède les 3,9 kg ou son périmètre crânien est supérieur à 35,5 cm. Une pression abdominale exercée durant l’accouchement, des lésions des muscles du périnée, un traumatisme ou 3 accouchements par voie naturelle peuvent également provoquer des fuites urinaires post-accouchement.

Les solutions recommandées pour y faire face

Avant l’accouchement, il est possible de prévenir le phénomène d’incontinence. Il faut pour cela apprendre à contrôler son périnée via une rééducation périnéale préventive. Durant les séances de préparation à l’accouchement, les futures mamans s’entraînent à contracter, puis à relâcher les muscles au niveau du périnée pour éviter le risque de lésion durant l’accouchement.
L’incontinence à l’effort est par ailleurs très courante pendant la grossesse. Pour la prévenir, il faut manger des aliments sains pour éviter le surpoids. Ce dernier favorise l’augmentation de petites fuites. Il faut également arrêter de fumer avant la grossesse. Extrêmement nocif pour l’enfant à naître, le tabac constitue un important facteur de risque.
Pour éviter les fuites urinaires après l’accouchement, il faut prévoir des séances de rééducation. Ces dernières sont réalisées par un kinésithérapeute ou une sage-femme. Une méthode, également appelée électrostimulation passive est indolore et inoffensive. Elle apprend à bien contracter son périnée sans faire usage de ses abdominaux. Les muscles se mettent à se contracter de manière involontaire au rythme de l’appareil. Il est aussi possible de l’utiliser pour accentuer le travail actif de la future maman.
Mais avant de débuter toute séance, il faut obtenir l’aval du médecin traitant. En effet, celui-ci évalue, durant la visite postnatale, soit 6 semaines après l’accouchement, l’état du périnée et de ses muscles. S’il juge nécessaire, il est à même de programmer ces séances.

La rééducation périnéale s’effectue toujours avant une rééducation abdominale. C’est pourquoi le sport est interdit durant les premières semaines qui suivent l’accouchement. Il vaut mieux opter pour la marche ou le vélo. En attendant de retrouver une bonne tonicité musculaire stoppant les fuites urinaires, il est possible de porter une culotte antifuite urinaire. Elle aide la jeune maman qui en souffre à vivre normalement.

Quelques gestes simples peuvent également être effectués afin de prévenir l’apparition des premiers signes. Il faut par exemple éviter les sports jugés trop violents ou de porter des charges trop lourdes durant cette période. Pour prévenir l’incontinence à l’effort, mieux vaut privilégier la nourriture saine et les sports doux.

Pour protéger au mieux le plancher pelvien, il faut serrer, remonter, puis retenir les muscles du périnée avant de soulever un poids assez lourd, d’éternuer, de se moucher ou de tousser. Il faut aussi croiser ses jambes et les serrer fermement avant tout éternuement ou avant de tousser.