Agir pour les malvoyants…
Face au nombre croissant de personnes atteintes de malvoyance, l’enseigne Optic 2000 s’est engagée via les Points Experts Basse Vision, un réseau de plus de 180 opticiens spécialisés en basse vision mais aussi en créant 3 centres basse-vision Cecom. Tous les détails avec Philippe Blanc, responsable Projets et Relation Santé pour Optic 2000.
Pascale Komlos

Qu’est-ce que la malvoyance ?

Cela regroupe l’ensemble des personnes qui se trouvent limitées dans leurs actions quotidiennes par une diminution des performances visuelles qui ne soient pas améliorables de façon médicale. Cela implique une perte d’autonomie, avec des impacts personnels, professionnels ou même des impacts en termes d’estime de soi. Les origines de ces déficiences visuelles peuvent être multiples même si elles sont en majorité consécutives à une dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) qui touche 30 % de la population au-dessus de 75 ans. Elles peuvent aussi être la conséquence de glaucomes, de rétinopathie diabétique ou encore être survenues après un accident… D’après l’Institut de la Vision, on estime cette population à 2,5 à 3 millions de personnes, atteintes de perte d’autonomie partielle ou totale.

Pourquoi vous être engagés à aider ces personnes malvoyantes ?

Cela nous paraissait légitime en tant qu’opticien, d’accompagner nos clients du plus jeune au plus âgé et d’apporter du confort dans leur vue et dans leur vie. Nous nous sommes donc engagés à différents niveaux. En premier lieu, nous sommes mécènes de l’Institut de la Vision, présidé par le professeur José Alain Sahel : il travaille principalement dans le secteur de la recherche avec pour objectif de trouver un moyen de restaurer la vision suite à des atteintes oculaires irréversibles.

Deuxième action, vous avez aussi créé 3 centres basse-vision Cecom. Quelle est leur vocation ?

Pour aider les malvoyants d’aujourd’hui, nous avons en effet constitué sous l’égide de la Fondation Optic 2000, des Centres d’Orientations et d’Evaluation des malvoyants. Destinés à accompagner les malvoyants, ces centres sont au nombre de 3 (Paris, Lille et Besançon) et ont pour vocation de recommander aux malvoyants un parcours personnalisé. Il suffit de prendre rendez-vous, c’est totalement gratuit et la personne peut rencontrer un orthoptiste et un opticien, tous deux spécialisés en basse vision. Ils vont notamment évaluer comment la personne utilise ses yeux, ce qu’elle ne peut plus faire, ce qu’elle aimerait faire…Suite à ce dépistage orthoptique et à cette évaluation optique, elles lui recommanderont un parcours personnalisé pour qu’elle puisse vivre le plus possible en autonomie. Depuis 2009, plus de 2500 personnes sont passées par les Cecom.

Enfin, vous disposez d’un réseau de 180 Points Experts Basse Vision : quels services offre-il?

Ils sont là pour accompagner au plus près les malvoyants : là encore, ce sont des opticiens spécialisés dans la basse-vision qui doivent obtenir un agrément spécifique afin de proposer à ces personnes malvoyantes, les meilleures réponses à leurs différentes problématiques. Dans ce réseau de 180 magasins d’optique en France et dans les Dom-Tom, les malvoyants pourront ainsi sur rendez-vous, rencontrer des spécialistes à même de leur proposer les aides visuelles les plus actuelles et répondre avec des outils adaptés à leurs attentes (loupes, aides techniques visuelles avec fonction vocale, éclairage, filtres…). Ils ne répondent pas seulement aux besoins en termes d’optique : ils peuvent aussi aider certaines personnes à regagner en autonomie par exemple en les orientant vers des rééducateurs qui leur apprendront à mieux se déplacer ou à mieux vivre chez elles dans leur vie de tous les jours…

Encadré

Edith Maistre s’est rendue au Cecom de Paris. Elle témoigne :

«Je me fais suivre à l’hôpital des Quinze-vingts pour une pathologie de Stargardt, c’est-à-dire une dégénérescence de la rétine évolutive et sans traitement. J’ai connu le Cecom via l’hôpital qui m’a dit qu’ils pouvaient m’aider notamment à mieux vivre avec la maladie. Cela m’a d’autant plus intéressée que depuis 2011, je recherche toutes les solutions pour minimiser mon handicap et ses conséquences sur ma vie quotidienne. J’avais déjà fait de nombreuses recherches sur internet ou ailleurs mais le Cecom offre un bon complément. Après avoir étudié mon bilan oculaire, les experts basse vision m’ont donné des conseils personnalisés et préconisé des solutions, notamment sur les solutions existantes. Cela m’a permis d’ailleurs de découvrir un instrument intéressant, sorte de mini-longue vue qui m’aide à me déplacer dans la rue. J’y ai aussi trouvé une vraie écoute, avec des professionnels expérimentés et de bon conseil».