La consommation d’alcool durant la période de grossesse nuit au développement du cerveau du bébé. Quels sont les dangers réels liés à la consommation d’une boisson alcoolisée pour la femme enceinte?

Les risques liés à la consommation d’alcool au cours de la grossesse

Toute consommation d’alcool est strictement déconseillée du début jusqu’au terme de la grossesse. L’alcool peut avoir de graves conséquences sur la santé du nouveau-né. Selon une enquête nationale, 23% des femmes enceintes avouent avoir consommé une boisson alcoolisée à l’occasion. 3,7% d’entre elles déclarent avoir bu plus de 3 verres d’alcool durant une soirée.

Un verre de vin bu par une femme enceinte cause autant de dégât dans le sang du fœtus que dans le sien. De plus, le taux d’alcoolisation du futur bébé sera plus important et ceci est dû à son faible poids et à l’incapacité pour ses reins et son foie d’éradiquer l’alcool. L’alcool se compose de petites molécules que le placenta est dans l’incapacité de filtrer. De ce fait, en passant par le placenta, l’alcool bu par la mère parvient rapidement dans le sang du fœtus et le liquide amniotique.

Une consommation fréquente d’alcool, même en faible quantité, durant la grossesse engendre des complications pour le bébé. En effet, parmi les risques éventuels les plus fréquents se trouvent l’accouchement prématuré ou une fausse-couche. Le fœtus peut également présenter un risque de retard de croissance. A long terme, l’enfant peut souffrir de troubles comportementaux ou psychiques.

Le plus grand danger lié à l’exposition prénatale à l’alcool est le Syndrome d’Alcoolisation Fœtale. Ce dernier se manifeste par une malformation de l’encéphale, ainsi que de la boîte crânienne. L’enfant peut ainsi présenter des anomalies sur la face ou des troubles nerveux. Ceux-ci peuvent se traduire par un déficit intellectuel, un retard au niveau de son développement, de l’hyperactivité ou des troubles liés à l’apprentissage. L’enfant a également beaucoup de difficultés à éviter ou à maîtriser sa colère.

 Le Syndrome d’Alcoolisation Fœtale ou SAF

En France, la principale cause de déficience mentale reste la consommation d’alcool durant la grossesse. De ce fait, le SAF constitue la forme majeure des troubles provoqués par l’alcoolisation fœtale. Ceux-ci surviennent quand la future maman boit de l’alcool durant sa grossesse. Ceci peut engendrer des effets irréversibles et dévastateurs sur le développement du futur bébé.

En France, 8000 enfants sont victimes, chaque année du SAF. Ce syndrome, méconnu des futures mamans, engendre malheureusement des effets dramatiques sur un fœtus. Ce syndrome se manifeste en général en cas d’alcoolisation massive. Le futur bébé victime de SAF peut souffrir de malformations cranio-faciales, d’handicaps cognitifs et comportementaux, mais également d’un retard de croissance.

Les risques de malformations sont par ailleurs importants durant le premier trimestre de la grossesse. Au cours du deuxième et du troisième trimestre, l’alcool peut engendrer, soit un accouchement prématuré, soit un retard de croissance. Il peut également causer un effet toxique au niveau des neurones, entraînant des altérations sur le développement psychomoteur. Le SAF cause également un déficit intellectuel.

L’enfant développe, à la naissance, des malformations typiques, comme une boîte crânienne plus petite, un nez aplati et court ou une lèvre supérieure fine. En effet, le couloir sur la lèvre supérieure est inexistant. De plus, le réflexe de succion, chez le nouveau-né, est peu développé. En grandissant, l’enfant présente des troubles de l’attention et de l’apprentissage. Il devient également hyperactif et agressif. Toutefois, les bébés atteints de SAF complet, facile à diagnostiquer, sont pris en charge dès leur naissance.

Les mesures de prévention

Quelques astuces peuvent être appliquées pour enlever l’envie à la femme enceinte de boire de l’alcool. Pendant les fêtes, par exemple, il est préférable d’apporter sa propre boisson sans alcool, comme une bière sans alcool ou un cocktail de jus de fruit. Elle peut également expliquer à son entourage qu’elle ne désire pas boire d’alcool pendant toute la grossesse, pour préserver la bonne santé de son bébé.

Par ailleurs, les pouvoirs publics français œuvrent contre la consommation excessive d’alcool chez la femme enceinte. Plusieurs mesures de suivi et d’information sont ainsi mises en place, et cela, depuis plusieurs années. Pour prévenir et éradiquer ce fléau, les femmes enceintes devront adopter le principe de précaution, en s’abstenant de boire de d’alcool pendant la grossesse.

Depuis octobre 2007, les bouteilles d’alcool arborent un pictogramme d’information. Ce pictogramme symbolise une femme enceinte un verre d’alcool à la main, cerclée puis barrée avec un trait rouge. Une campagne de prévention a été initiée par le ministre de la Santé de l’époque, appelée « zéro alcool durant la grossesse ». Celle-ci a pour but de diminuer le nombre d’enfants victimes du SAF.

Le gouvernement, dans sa lutte contre la conduite addictive et la drogue, a également instauré le dispositif « Alcool Info Service ». Il s’agit d’un service d’écoute pour les femmes enceintes qui ont besoin de parler. Un professionnel est à leur disposition 7 jours sur 7, de 8h à 2h du matin. Il est également possible de poser ses questions, d’échanger des idées ou de chatter sur des forums.

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